Nous venons d'apprendre le décès de Yiss que nous suivions au travers de ses créations musicales. Ses amis en parle ainsi, avec tant de justesse : « Le poète, écrivain, chanteur et journaliste YISS est décédé. Paix, enfin, à son âme. « Yohan Hervein — Yiss pour beaucoup d’entre vous — nous a quittés dans la nuit du 19 avril. Il avait mis toute sa vie dans ses mots, sa musique. Son enfance volée, ses parents, ses amours, sa solitude, sa rage d’exister et d’être aimé — tout ça, il l’avait couché sur le papier dans « Après coups » avec une franchise que peu d’entre nous auraient le courage d’avoir. Chanteur et joueur de synthé, je me rappelle encore du morceau Mistral Gagnant, un hommage à notre amitié d’éternels grands gosses. Ses derniers mots étaient « L’amour, la mort » — comme si, au bout du chemin, il avait enfin mis le doigt sur ce qui l’avait hanté depuis le début. Son essai est sur ce mur. Lisez-le. C’est lui, tout entier, je dirais même que le 19ème et dernier chapitre résume parfaitement qui était Yohan, ce qu’il ressentait et ce à quoi il aspirait du plus profond de son être. Dans ce dernier chapitre, Yohan cite plusieurs vers d’auteurs, poètes et à travers ses écritures, je comprends maintenant à quoi sert la poésie. Yohan, tu t’es battu longtemps. Tu peux te reposer. Éric, Tony et moi nous t’aimons fréro. »
Yiss s’est surtout fait connaître par ses créations sonores publiées sur SoundCloud (Yiss Officiel), où il mêle voix, narration autobiographique et performance intime. Ces pièces, proches d’un journal audio, prolongent les textes diffusés sur Facebook. L’une des plus significatives, « Deux contre un paradis » (2006), s’inscrit dans une esthétique spoken word queer, comme « Putain de tapin » qui reprend la base mélodique déjà présente dans son clip vidéo « J’arrête », réalisé par Manuel Mercier. La dimension explicite de ses paroles traduit une réduction de la relation au corps et, corrélativement, une perte de sens, résumée dans cette formule centrale : « et puis l’amour est mis à mort ».
Cependant, ces dernières années, il a couché sur Internet, comme le souligne ses amis « toute sa vie dans ses mots » avec Après-coup(s) une œuvre qui ne relève ni du roman, ni d’une autobiographie classique. Il s’agit d’une écriture d’existence, quasi exhaustive, qui traverse l’enfance, la sexualité, les traumas, les amours et la solitude. L’auteur y déploie une parole sans filtre, affranchie des normes de pudeur et des régimes habituels de respectabilité.
Cette section rend donc hommage à Yiss en vous donnant à lire son travail, à écouter quelques-unes de ses créations musicales, mais aussi à revoir son clip « J’arrête »
ALAIN LEOBON, association Com’on west
Liens :
- SoundCloud : https://soundcloud.com/yiss-officiel
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